Eric Mezil/1998

"Now, THEN, SO WHAT !"

Directeur du musée Collection Lambert

 In the 60s, On Kawara invented his "Date Paintings" it is a dual temporality.
The painted canvas could be left dormant in their box or "reactivated" by the simple fact of being exposed on a wall. A newspaper article cut corresponding to the day the artist painted canvas was pasted in the bottom of the package. While we are at the events of the world, there was an abstract and cosmic time exist.

 Hiroshi Kariya's method is, the reverse process. He accumulates passes, sometimes he retains only The title, cut in newspapers whole world events and sticks these words on slates of school chalkboard. On the reverse side, he writes a small sentence in white chalk that will inevitably fade over time. "Now is the now is the now ..." is a lifetime motif in all of his work. For many years he has chosen to live in New York, and like any immigrant, he feels concerned by the problems of his country but also by every drama that taints the world well beyond the archipelago. One can certainly speak of empathy to qualify his work, so much his work embraces and wants to assume all the evils of the earth. In the elaboration of his installations and the staging of slate accumulations on the March, there are obvious references to the historical religions of Japan, Shinto or Buddhist: in the alleys leading to the mountain temples there is a Such an accumulation of vows inscribed on thin wooden boards or on pieces of paper tied to the branches of the maples. His remoteness from the country gives a greater meaning to this reflection on collective memory. Kobe was for him a double drama: the failure of the entire Japanese system and the lack of social cohesion vis-à-vis the various minorities who were forgotten in this catastrophe. Thus, by his sutras, which will over time become slates, he associates the recent dramas of his country with the memory of all those useless deaths, those of the Israeli-Palestinian conflict, political prisoners in Africa, the destruction of Sarajevo or Of the Oklahoma City bombing ... As with On Kawara, even if the principle is reversed, the artist relativizes the very idea of temporality and globalized information.

Donaiyanen Exhibition Catalog French → English p152



「どないやねん !」




 刈谷博の方法は、これと逆のプロセスです。彼は経緯・いきさつを蓄積し、時にはタイトルだけを保持し、新聞の全世界のイベント・出来事をカット・切り抜きし、これらの言葉を学校の黒板のスレートに貼り付けます。反転した側に、彼は白いチョークで小さな文章を書きますが、それは時間の経過とともに必然的に消えていくというものです。 「Now is the now is the now ...」この記述は彼のすべての作品の生涯のモチーフです。彼は長年ニューヨークに住むことを選択し、他の移民の民と同じように、彼は自国の問題だけに限らず、島々・国々をはるかに超えて世界を蝕んで行くすべてのドラマにも懸念を抱いていきます。



(因みに河原温と刈谷博は最初の個展以前からの交友関係で、河原温の”I Met”シリーズに登場する)



どないやねん展カタログ仏→英→和 p152


Éric Mézil/1998

"Et Maintenant !"


 Curator / Directeur du musée Collection Lambert

Dans les années 60, On Kawara a conçu ses Date Paintings salon une double temporalité. Les toilets pouvaient être laissées en sommeil dans leur boîte ou «réactivées» par le simple fait d'être exposées sur un mur. Une coupure de presse correspondant au jour où l'artiste avait peint as toile était collée au fond de l'emballage. Á l'actualité événementielle du monde s'opposait un temps abstrait et cosmique.

   Hiroshi Kariya, lui, inverse Le processus. Il accumute des coupures  de passe, don't il ne retient parfois que Le titre, et colle ces mots découpés dans des journaux du monde entier sur des ardoises d'écolier. Au dos, il inscription à la craie blanche une petite phrase qui s'effacera forcément avec le temps. «Now is the now is the now...» s'inscrit en leitmotiv dans toute son œuvre. Depuis de longues années il a choisi de vivre à New York, et comme tout immigré, il se sent concerné par les problémes de son pays mais aussi par chaque drame qui entache le monde bien au-delà de l'archipel.

   On peut assurément parler d'empathie pour qualifier son œuvre, tant son travail embrasse et voudrait assumer tous les maux de la terre. Dans l'élaboration de she's installations et la mise en scéne des accumulations d'ardoises sur les mars, on retrouve des référebces évidentes aux deluxe religions du Japon, shintoïste ou bouddhiste: dans les allées qui mènent aux temples des montagnes, il y a une pareille accumulation de vœux inscrits sur de fines planches dev bois ou sur des bouts de papier noués aux branches des érables. Son éloignement du pays donne un sens plus grand à cette réflexion sur la mémoire collective.

   Kobe fut pour lui un double drame : le constat d'échec du système nippon tout entier et la mise en évidence du manque de cohésion sociale vis-à-vis des diverses minorités qui furent oubliées dans cette catastrophe. Ainsi, par ses soûtras qui avec le temps s'effaceront des ardoises, il associe les drames récents de son pays à la mémoire de toutes ces morts inutiles, celles du conflit Israélo-Palestinien, des prisonniers politiques en Afrique, des destruction de Sarajevo ou de l'attentat d'Oklahoma City... Comme avec On Kawara, même si le principe est inversé, l'artiste relativise l'idée même de la temporalité et de l'information mondialisée.


Éric Mézil
Directeur du musée Collection Lambert.

Lieu Collection Lambert

5, rue Violette, 84000 AVIGNON

Vaucluse (84) \\ Tél : 04 90 16 56 20

Email :
Historien d'art, spécialiste de l'art japonais.


"Et Maintenant !", La Communauté Survivra-t-elle?, catalog

La Création Contemporaine Au Japon

École Nationale Supérieure Des Beaux-Arts, Paris, 1998



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